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ALSTOM : LA COMMISSION DE BRUXELLES JOUE CONTRE L’EUROPE !

Communiqué Confédéral

publié le jeudi 18 septembre 2003 par WEBMASTER site CGT UD du CHER

Déclaration de la CGT

ALSTOM : LA COMMISSION DE BRUXELLES JOUE CONTRE L’EUROPE !

La Commission européenne vient de s’opposer au plan de sauvetage du groupe Alstom que le gouvernement français a annoncé cet été. Notamment fondé sur une prise de participation de l’État dans le capital d’Alstom, ce plan fait pourtant partie des rares décisions gouvernementales à ne pas avoir provoqué de réaction d’hostilité des salariés et de leurs organisations syndicales.

Alstom, c’est le travail de 110.000 salariés en France, en Europe et dans le monde. C’est un fleuron de l’industrie qui participe à la réalisation d’infrastructures indispensables à la vie et à l’économie : le TGV, les centrales électriques thermiques et nucléaires, les grands navires…Le plan de restructuration annoncé prévoyait déjà de façon inacceptable 2200 suppressions d’emplois en France et 5200 en Europe. Comment admettre le bien-fondé d’une position qui met en danger les 60000 emplois européens et un tel potentiel de hautes technologies industrielles ?

Certes, on peut s’interroger sur la méthode employée tant par la direction du groupe que par les pouvoirs publics pour présenter le plan de restructuration financière aux autorités européennes. Mais la position de la Commission est d’autant plus condamnable qu’elle est incohérente avec sa mission de veiller à ce que les conditions de la concurrence soient réalisées sur le marché européen. En effet, la disparition du groupe Alstom laisserait le groupe Siemens en situation de monopole. Elle livrerait ainsi la concurrence aux géants nord-américains et japonais.

Il apparaît donc que la Commission fonde sa position sur la seule opposition idéologique à ce que les états nationaux interviennent dans la sphère économique marchande, notamment par la prise de participation publique dans le capital des sociétés. Elle outrepasse les compétences qui lui sont confiées par les traités constitutifs de l’Union européenne. Plus fondamentalement, la Commission s’oppose à ce que la démocratie franchisse la porte des multinationales, qu’il s’agisse de l’expression des citoyens ou de celle des salariés. C’est pourtant l’un des grands enjeux du nouveau siècle.

L’affaire est d’autant plus grave que monte en Europe la conscience d’un retard grandissant entre les potentiels industriels des pays de l’Union et ceux des USA et du Japon. Empêtrée dans son idéologie ultralibérale, la Commission européenne en arrive à agir contre les intérêts économiques et sociaux de l’Europe.

En Suède, les électeurs viennent de rejeter l’adoption de l’Euro par référendum. Leur opposition s’est notamment fondée sur le refus de permettre à quelques dirigeants de la Banque Centrale de remettre en cause le modèle social de leur pays. Cela rejoint l’aspiration fondamentale des salariés de l’ensemble des pays de l’Union à ce que la dimension sociale de l’Europe soit désormais placée au cœur de sa construction.

Il est grand temps que les instances qui ont la charge de la construction européenne soient à l’écoute de cette exigence, à commencer par la Commission. Il est possible de dégager des solutions intelligentes pour préserver le potentiel humain et industriel du groupe Alstom.
L’exigence d’une Europe sociale nourrit les grandes revendications de la manifestation du 4 octobre à Rome, organisée par la Confédération européenne des syndicats.

La CGT appelle à y participer, à lui donner une grande résonance dans notre pays et à la poursuivre le 8 octobre à l’occasion de la rencontre syndicats-patronat sur les processus de restructuration des entreprises.

Montreuil, le 18 septembre 2003.


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