Site d’information de l’Union Départementale des Syndicats CGT du CHER

Brève NVO de la semaine 27/2004 : EXIGENCE de PLURALISME

publié le dimanche 4 juillet 2004 par WEBMASTER site CGT UD du CHER

NVO 3123 du 02/07/2004 : Exigence de pluralisme

Pour la Filpac-CGT la main mise de groupes industriels (pour une bonne part issus de l’industrie de l’armement) menace non seulement la branche, mais aussi le pluralisme de pensée. La presse ne doit pas être une marchandise comme les autres.

Le point avec Michel Muller.

Vous avez été à l’initiative d’une journée sans presse quotidienne écrite, tant à Paris qu’en province, le 19 juin dernier. Pourquoi ?

Michel Muller : On peut, sans se tromper, affirmer qu’on est à un moment de fracture dans ce secteur de l’information et de la communication. Et que se développe une cassure entre la société et ses moyens d’information. L’information a une spécificité qui en fait une activité humaine particulière. Or, l’information et ses organes sont en train de sombrer dans la logique financière et libérale alors que les règles du marché sont incompatibles avec une telle activité, au même titre que l’exception culturelle et les services publics. L’information doit avoir des digues, afin que ce produit ne devienne pas une simple marchandise parce qu’au bout les salariés en payent le prix fort, et c’est toute la population, en définitive, qui trinque. Cette journée sans presse n’était pas repliée sur des problèmes corporatistes, elle n’était pas uniquement tournée vers les questions sociales qui se posent, mais elle abordait pleinement le corollaire à ces questions sociales, qui est le besoin d’une nouvelle politique autour de l’information.

Dassault a pris le contrôle de la Socpresse et il tient un double discours. D’une part, il appelle à couper les branches non rentables de son nouvel empire, de l’autre, II renforce le contrôle idéologique sur son navire amiral, Le Figaro…

Michel Muller : L’apparente contradiction d’un Dassault est motivée par une double démarche. D’abord, un besoin de rentabilité. Des industriels sont placés aux postes clés. D’autre part, ceux-ci ont aussi besoin d’organes de presse, d’information, mais une information qu’ils contrôlent. C’est toute une conception de la presse, contraire d’ailleurs aux ordonnances de 1944. Ces dernières affirmaient, dans l’esprit, que la presse devait être pluraliste. Elles ont donc contribué à créer des outils pour permettre à une presse d’exister, même si le courant d’expression que celle-ci portait, n’était pas majoritaire, ni générateur de ventes exceptionnelles. L’existence du pluralisme nécessite que l’on étudie la rentabilité d’un mil particulier.

Dans une certaine mesure, la presse écrite conserve encore quelques éléments de pluralisme, ce qui n’est pas vrai de la télévision où la multiplication des chaînes ne contribue pourtant pas à animer le débat démocratique. Serge Dassault le dit : il faut que cela soit rentable et il faut arrêter d’éditer les journaux qui ne le sont pas. II veut élaguer pour fortifier ce qui rapporte et transférer la publicité sur certains produits ciblés. Cette apparente contradiction est une froide logique : moins de titres, plus de contrôle, plus d’argent. La France a une particularité. Elle possède une législation sur la presse qui touche au fonctionnement économique du secteur. Aujourd’hui, tout cela (dont les aides à la presse), est remis en cause. Et les lecteurs en paient le prix. D’où les convergences d’intérêt entre les salariés et le lectorat.

Et maintenant qu’envisagez-vous ?

Michel Muller : Nous allons profiter de l’été pour organiser des rencontres avec les lecteurs à grande échelle. Nous serons présents sur tous les lieux où il y aura du monde. La Filpac va éditer un support que l’on va tirer et distribuer à plusieurs millions d’exemplaires. Parallèlement, on met en place des groupes de travail qui ne seront pas uniquement centrés sur les sala- riés eux mêmes mais sur de véritables projets de presse.

A la rentrée, nous organiserons une nouvelle conférence. Nous voulons aboutir à une négociation tripartite (salariés, employeurs, gouvernement) pour l’établissement d’une nouvelle politique de la presse avec, au centre, l’exi- gence que le pluralisme et la pluralité des titres soient la pierre angulaire de tout ce qui doit se reconstruire.


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