Site d’information de l’Union Départementale des Syndicats CGT du CHER

Conférence de presse sur le droit des femmes

8 mars 2014 : Journée internationale des droits des femmes

publié le mardi 11 mars 2014 par WEBMASTER site CGT UD du CHER

Le 8 mars, c’est la journée internationale des droits des femmes femmes. Un peu partout dans le monde, sont organisées des manifestations. Mais à quand remonte l’origine de cette journée ?

A l’occasion du 8 mars 2014, nous souhaitons rappeler notre détermination à agir et à mobiliser les salariés pour mettre fin aux inégalités hommes/femmes.

On pourrait en dire que les premières journées des femmes se sont déroulées les 26 et 27 août 1910 à Copenhague (Danemark). Pendant ces deux jours, les femmes socialistes avaient organisé leur deuxième conférence internationale, peu avant l’ouverture du congrès de l’internationale socialiste. Mais en fait, tout avait commencé bien plus tôt. En 1908, les femmes socialistes américaines, regroupées au sein du Social Labour Party, avaient mené une campagne d’actions dans quatre Etats américains. Les femmes socialistes européennes étaient elles aussi, très actives. Le mouvement socialiste était en effet né en Europe et il y était très développé.

Les débuts du 8 mars, c’est d’ailleurs une européenne, Clara Zetkin, militante communiste allemande qui a, en quelque sorte, « inventé » la journée des femmes. Lors de la conférence de Copenhague (1910), elle avait fait adopter une résolution qui propose que « les femmes socialistes de tous les pays organisent une journée des femmes » afin de prendre acte des luttes menées par les femmes, partout dans le monde.

Il semble que la date du 8 mars a été arrêtée à Copenhague. Cette date serait la date anniversaire d’une grève des ouvrières de l’habillement, qui avait eu lieu à New York en 1857, les travailleuses protestaient contre l’entassement, les conditions de travail dangereuses ainsi que les salaires de famine versés aux travailleuses du textile. Alors que les femmes luttaient pour obtenir de meilleures conditions de travail, d’autres sujets de préoccupation ont fait surface : les femmes en Amérique du Nord et en Europe ont exigé des droits, dont le droit de vote.

Quelques dates en France :

  • 1944 droit de vote et d’éligibilité des femmes,
  • 1946 arrêt des abattements sur les salaires féminins,
  • 1965 droit des femmes a avoir un emploi sans avoir l’autorisation de leur mari,
  • 1975 droit a l’IVG,
  • 1988 loi instaurant la parité en politique

Notre organisation est engagée depuis de nombreuses années dans la lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes. L’accès à l’emploi est un moyen d’émancipation et d’autonomie déterminant pour les femmes et les hommes.

En 2014, alors que les femmes sont plus diplômées que les hommes, que 6 lois successives et de nombreux accords ont affirmé le principe de l’égalité salariale, il y a toujours 27% d’écart de rémunération entre les femmes et les hommes . Seules 66% des femmes ont en emploi, alors que la moyenne est de 75% chez les hommes et que 11,6% sont en CDD (7,6% des hommes).

Cet écart de rémunération est principalement lié à 4 facteurs :

  • Le temps partiel, qui concerne à plus de 80% des femmes.
  • La concentration des femmes dans 12 familles de métiers socialement et financièrement dévalorisés.
  • Les inégalités de déroulement de carrière et le plafond de verre.
  • Ce que l’on pourrait appeler de la « discrimination pure ». Cette situation doit interpeller chacun quant à ses responsabilités :
  • Les organisations syndicales, pour s’emparer au quotidien de l’égalité professionnelle.
  • Le patronat pour que l’égalité professionnelle soit considérée comme une priorité.
  • Le législateur quant à sa responsabilité de garantir l’effectivité du droit.
  • L’éducation nationale et les structures d’accueil des jeunes enfants pour participer à la lutte contre les stéréotypes.

A l’occasion du 8 mars 2014, nous souhaitons rappeler notre détermination à agir et à mobiliser les salariés pour mettre fin à ces inégalités. Pour cela, nous nous engageons ensemble dans les territoires, les branches, les entreprises et la fonction publique à travailler pour :

Limiter le recours aux contrats à temps partiels, renchérir pour les employeurs le coût des emplois à temps partiel et renforcer la protection sociale des salariés.

• Promouvoir la mixité des métiers et des filières scolaires et universitaires. De l’école à l’entreprise, lutter contre les stéréotypes de genre, notamment par des formations dédiées.

• Dans le cadre des négociations de classification, adopter une évaluation non discriminante des emplois, agir pour la revalorisation des métiers à prédominance féminine et pour la reconnaissance des compétences et des qualifications.

• Dans le cadre des négociations sur les accords égalité dans les branches, les entreprises et la fonction publique, proposer des dispositions pour lutter contre les inégalités de carrière.

• Dans le cadre des négociations salariales, supprimer les écarts de r rémunération entre les femmes et les hommes et s’attaquer aux mécanismes qui renforcent les inégalités (part variable, mécanismes indemnitaires).

• Garantir la prise en compte des risques et de la pénibilité des métiers à prédominance féminine.

• Lutter contre les inégalités de pension en augmentant les minimas vieillesse et en renforçant les mécanismes compensatoires.

• Avancer vers un temps de travail et une organisation du travail permettant une bonne articulation entre vie personnelle et vie professionnelle pour toutes et tous, ainsi qu’une parentalité partagée.

• Lutter contre les violences sexistes et sexuelles en renforçant la prévention sur les lieux de travail et la protection des victimes.

• Identifier et lutter contre les mécanismes du plafond de verre et permettre l’accès des femmes à toutes les fonctions de direction dans l’entreprise comme dans la fonction publique.

Pour atteindre l’égalité professionnelle, il est indispensable de développer les lieux d’accueil pour la petite enfance, de répondre aux problèmes liés à la perte d’autonomie, de renforcer les services publics appuyés sur des emplois stables et de favoriser une politique familiale compatible avec ces objectifs.

Il faut conditionner les 200 milliards d’aides publiques dont bénéficient chaque année les entreprises au respect de la loi en matière d’égalité professionnelle et à leurs pratiques de lutte contre la précarité et les temps partiels.

Nous interpellons les pouvoirs publics pour que l’ensemble des politiques publiques soient menées et évaluées à l’aune de l’égalité. Nous avons l’ambition de faire vivre cette déclaration au quotidien, dans les territoires, les branches, les entreprises et les services publics pour que l’égalité devienne enfin une réalité.


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